Selon l’UFC Que Choisir, en France, 1 760 000 habitants reçoivent une eau contaminée en pesticides, nitrates et sélénium. Si les grandes villes sont préservées, certaines petites communes n’ont pas cette chance.

Une qualité de l’eau globalement bonne en France.

Selon un sondage réalisé par l’institut Louis Harris en mars 2012, les Français considèrent que la pollution de l’eau représente la première priorité en matière de protection de l’environnement devant la qualité de l’air. Si la majorité d’entre nous n’a pas de raison de s’inquiéter, d’autres doivent être plus vigilants et être attentifs à la qualité de leur eau.

2,5% des Français, soit près de 2 millions de personnes n’ont ainsi pas accès à une eau de bonne qualité selon l’UFC Que Choisir.

Les raisons identifiées comme étant la sources des pollutions sont les suivantes :
– 69% sont des pollutions sont d’origine agricole (pesticides, nitrates,…)
– 27% sont liées à des problèmes dans le traitement de l’eau (mauvais dosage en chlore…)
– 4% des pollutions relèvent de la radioactivité naturelle

Aucune étude scientifique n’a encore pu démontrer de manière évidente l’existence de risques réelles sur la santé. En revanche, la Direction Générale de la Santé a indiqué dans un rapport publié en 2005 qu’une consommation sur le long terme d’une eau avec une forte teneur en pesticides pourrait avoir pour conséquence le développement de cancers et de troubles de la reproduction.

La pollution de l’eau concentrée dans les petites communes.

« La qualité de l’eau distribuée dans les zones urbaines est globalement bonne. » Selon l’étude Que Choisir, les quelques 3 000 communes où des niveaux de pollution supérieurs à la moyenne ont été relevés comptent en moyenne 500 habitants et se situent en zone rurale. Les grandes villes se devant de contrôler la qualité de leur eau très régulièrement, les risques d’un défaut de qualité sont minimes.

Si vous avez l’habitude de boire de l’eau du robinet et souhaitez que cela continue, évitez de vous installer dans le bassin parisien (Eure-et-Loir, Loiret, Seine-et-Marne, Yonne), le Nord (Pas-de-Calais) et la Champagne (Marne, Aube). C’est dans ces départements que l’eau du robinet est la plus contaminée en matière de nitrates. La Bretagne, malgré une utilisation intensive d’engrais azotés, est préservée. Sous la pression des associations de consommateurs, les collectivités régionales et les sociétés gestionnaires de l’eau ont mis en place un système de traitement de l’eau particulièrement efficace. En revanche, les problèmes de qualité de l’eau « à la source » ne sont pas vraiment résolus.

Les 5 communes les plus touchées par des pollutions en nitrates : Berck (Pas de Calais), Provins (Seine et Marne), Ingre (Loiret), Aubigny-sur-Nère (Cher), Bonneval (Eure-et-Loire).

En ce qui concerne les villes moyennes (celles de plus de 20 000 habitants), quatre d’entre elles proposent une eau contenant trop de pesticides : Sens (Yonne), Lisieux (Calvados), Firminy (Loire) et Bourgoin-Jallieu (Isère). A noter que Montargis (Loiret) figure aussi dans le classement des villes les plus pollués en matière de pesticides.

Conseil aux buveurs d’eau du robinet.

– Pour limiter les risques sanitaires, laissez couler l’eau quelques instants avant de la boire.
– Si l’eau a une odeur de chlore, laissez la s’aérer dans une carafe ouverte ou mettez-la au réfrigérateur.

Les femmes enceintes et les nourrissons ne doivent pas consommer une eau ayant une teneur en nitrates comprise entre 50 et 100 mg/l. Au-delà de 100 mg/l, l’eau ne doit être utilisée pour aucun usage alimentaire (même en eau de cuisson).

Sources : étude UFC-Que Choisir réalisée, ville par ville, sur la base des chiffres de pollution de l’eau communiquées par le Ministère de la Santé. Six paramètres pris en compte : taux de pesticides, de nitrates, de sélénium, qualité bactériologique de l’eau, niveau de radioactivité et d’aluminium. Publication : mars 2012. Relevés réalisés sur le premier semestre 2009, l’année 2010 et le premier semestre 2011.